Je suis un papa positif qui s’énerve, oui!

    A toi qui dis : – T’as crié, si si, t’as crié, j’ai entendu, il a crié, eh, il a crié, il a crié !

A toi qui dis : – Eh, t’as tapé, si si, t’as tapé, je l’ai vue, c’est une tape, une fessée, il a donné une fessée !

A toi qui épies mes moindres faits et gestes éducatifs, en quête de ce qui pourrait être un manquement à l’éducation positive, comme si un écart sur le terrain pouvait me faire exclure et me renvoyer te rejoindre sur le banc des parents « qui ne croient pas à ces conneries d’éducation positive, un enfant, c’est un enfant, quoi ».

A toi à qui, dans un premier temps, je me sentais obligé de dire : « Non, non, j’ai pas crié, j’ai haussé le ton, j’ai parlé fort, tu sais, j’ai la voix grave et qui porte… » ou bien encore « Non, non, c’était pas une tape, tout juste une tapotte, une tapinette,  une caresse appuyée, rien à voir avec une fessée, ne me dénooooonce pas… ».

A toi qui semble jouir de mes écarts de conduite (parce que de ton côté, l’éducation autoritaire, ça fonctionne à tous les coups : mon fils, mon chien, ma voiture, tout ça file droit).

A toi, d’abord, je voudrais dire : merde.

Oui, merde.

 – Oh, il a dit merde, il a dit merde. C’est positif, merde ? Il a dit merde. Arbiiiiiiitre ! Carton rouge !

Je te redis en articulant : mer-de. Merde merde merde merde merde. Puis, mentalement, je te fais manger des cafards. Et après, je vais me confesser.

–  Isabelle, Sainte Filliozat, pardonne-moi, j’ai pêché. Mais pardonne-leur aussi, ils ne savent pas ce qu’ils font.

Je vais tenter de te dire un truc :

Je pense, et je ne suis pas le seul, qu’un enfant est un être doué d’intelligence et de raison. Une intelligence et une raison qui se construisent, petit à petit, qui prendront de l’ampleur si je lui fais confiance, si je dialogue avec lui. Jusque-là, ça va, c’est simple, non (du coup, tu vois la différence entre un enfant et une voiture) ?

– Oh, la phrase bateau, moi aussi je pense ça.

– Laisse-moi terminer.

– C’est toi qui écris mes dialogues, je te signale, tu fais ce que tu veux…

– Euh…

Donc je disais :

Mais je suis faillible. Voilà, intègre ça dans ta petite caboche, je suis faillible.

Quand je vois Louise me lâcher la main ¼ de seconde au bord de la route, et amorcer une traversée enthousiaste alors qu’une voiture arrive, j’ai peur. Mais peur de chez peur. Je crie, il peut même m’arriver d’avoir un geste brutal pour la récupérer. Parce qu’à ce moment-là, ce n’est pas ma raison qui domine, ce sont mes émotions. Comme Hulk. Même si ça n’a rien à voir. Enfin un peu quand même…

Quand j’ai passé une journée infernale, que mon patron me les a brisées menu , que je rentre exténué et que Louise me demande une fois, deux fois, trois fois (jusqu’à douze fois en moins de trente minutes) de faire de la peinture sur du papier (du papier, de la table et du carrelage, on sait comment ça se passe), que je refuse, qu’elle ne le comprend pas  (Peut-elle comprendre spontanément ce qu’est un patron tyrannique, qui est Trump, ce qu’est une panne de batterie, à 2 ans ?) et se met à pleurer, il peut m’arriver de ne pas trouver les ressources pour dialoguer, expliquer. Alors parfois je crie, je me renferme. Ça ne sert à rien, mais je crie.

Alors jusque-là, tu vas me dire, on est pareils. Ben ouais, mon gars, on est pareils. A une différence peut-être notable. Moi, je me refuse juste à faire de mes moments d’égarement une norme éducative. C’est aussi simple que ça. Donc j’essaye de faire en sorte qu’ils arrivent le moins souvent possible. Donc, après avoir crié, été violent, ou manipulateur (oui, ben on l’est tous, faut pas se mentir), le plus souvent possible, je m’excuse. J’explique à Louise pourquoi j’ai eu peur, pourquoi j’ai mal réagi. Je m’excuse.

Voilà, avoue que c’est simple. Raison – Emotion – Raison. Et ainsi de suite.

Maintenant, lâche-moi la grappe.

L.B-S

Une réflexion sur “Je suis un papa positif qui s’énerve, oui!

  1. bonjour les papas indignes !

    Ca fait toujours plaisir ce genre d’article un peu coup de gueule !
    J’en faisais un d’ailleurs voilà quelques semaines : http://bit.ly/2wDUgE4

    Je suis tout à fait d’accord avec vous : nous avons le droit à l’erreur. Et ce n’est pas pour ça qu’on ne va pas y arriver !

    Y a des moments où c’est vraiment difficile, et l’on se trompe, on n’y arrive pas toujours !
    Et l’essentiel : réessayer encore et toujours !

    Au plaisir
    Evan, un papa patron !

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