Père positif au goutte à goutte

    Je tente quelque chose… Profitant de l’été et des indisponibilités à créer de mon ami William (Entre ses vacances en famille et son boulot d’animateur en centre de loisir, pour le voir, il faudrait que j’interrompe sa nuit entre 2h et 2h15 du matin, et même à ce moment-là, il faudrait probablement que je fasse la queue, le créneau étant souvent occupé par ses deux enfants), je vous propose une nouvelle forme d’expression, peut-être complémentaire de nos vidéos, peut-être redondante parfois, ce sera à vous d’en juger.

Tenu par la Convention Internationale des papas blogueurs (si, si, elle existe) qui s’assure que les premiers articles des nouveaux blogs de papas tournent autour des thèmes capitaux que sont le pipi, le caca ou les limites gymnastiques de la vie sexuelle pendant la grossesse, j’ai choisi de vous parler aujourd’hui de pipi. Du premier pipi au pot plus exactement.

Alors, non, je ne vais pas vous écrire ce billet 1000 fois lu sur la joie (l’extase) que ressentent un papa ou une maman la première fois que leur délicieuse progéniture offre à un pot en plastique ce qu’elle réservait jusque-là à sa couche. Certes, je fus heureux, mais je sus me contenir, désireux que je suis d’inculquer à ma fille quelques références sur l’échelle des émerveillements (ça pourra toujours lui servir plus tard) :

Le chat qui vomit des touffes d’herbe, c’est fascinant (non, non, tu ne peux pas l’aider, Louise), le soleil qui se couche juste derrière, c’est quand même autre chose…

Le petit Thomas (vous allez en entendre parler souvent de celui-là, ma fille en est dingue, moi, je le déteste plus que Bachar-El-Assad, il a 3 ans, ma fille lui offre plus de baisers en un journée que je n’en aurais en toute une vie, bref, elle mérite tellement mieux, mais j’y reviendrais…), le petit Thomas, disais-je, qui plante un bout de jambon dans son carré de polenta (Wouaaaah… minable), c’est certes spectaculaire, papa qui construit une terrasse en bois de ses mains, c’est mieux.

Le premier pipi au pot, c’est bien, l’accord de Paris sur le climat, c’est quand même autre chose, bref, vous avez compris l’idée.

Non, moi, ce que je voulais vous écrire pour ce premier article, c’est plutôt ce qui a suivi ce premier pipi. Ce moment où le désir de parentalité positive et la réalité de l’efficacité du quotidien s’affrontent. Lorsque ma fille a voulu dire adieu à sa toute nouvelle création en l’emmenant finir ses jours dans les toilettes des grands.

Je ne l’ai pas vu verser dans les toilettes la seule goutte qui avait survécu au chaos de sa démarche d’enfant de deux ans . J’étais trop occupé à la suivre à quatre pattes, avec mon éponge, comme Poucet ramassant ses cailloux, goutte après goutte. C’était papa positif, c’était encourageant pour elle, un brin humiliant pour moi, l’expression de la confiance que j’avais en elle. Nos vies de parents positifs marchent sur cet équilibre subtil, ce fracas constant entre l’envie d’efficacité (parce que bon, autant, en homme qui se respecte, je peux rater de quelques gouttes le centre de la cuvette quand je fais pipi, autant il est rare que j’en foute de partout, sur le chemin de la salle de bain aux WC…) et le désir d’accompagnement.

Aujourd’hui, nous portons ensemble le pipi jusqu’en sa dernière demeure. Main dans la main – ou plutôt mains sur le pot. Certes, ça me pète le dos (et ça ressemble furieusement à un jeu à Koh-Lantah), mais nous y trouvons un équilibre… dans tous les sens du terme.

L.B-S

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